Face à l'uniformisation culturelle, artistique et morale - découlant elle même de la globalisation qui nous pourrit depuis l'après 45 -, on a perdu l'une des avancées majeures des XIXéme et XXéme siécle : le beau dans le sale, le non mal dans la médiocrité, bref : le cassage du manichéisme, cette chimère morale.

On ne peut plus admirer l'obscurité sans être étiqueté de marginal ou d'anarchiste ; la plupart d'entre nous ne faisant pas la distinction entre ces deux genres ; ne la faisant pas pour tout ceux n'appartenant pas à à notre cercle. C'est "moi et les autres". Qui a dit régression ?

Alors, OUI :

  • on peut admirer une journée de pluie sans avoir le cafard ,
  • on peut s'habiller comme un trou-duc juste parce qu'on le veut ,
  • on peut être ébahi face à la beauté d'une explosion nucléaire (du moment qu'elle a lieu sur un écran, of course) ,
  • on peut voir de la poésie dans les yeux vides et immobiles d'un clodo ,
  • on peut offrir de bons conseils que nous n'appliquons pas nous-même ,
  • on peut faire des conneries.

Les nouveaux modèles de société, façonnés par les Sorciers communiquant, renvoi une image fausse de la perfection. D'abord parce que la perfection n'existe qu'au travers les yeux d'un individu. Autrement dit, la perfection est subjective. (Encore faudrait-il que l'objectivité soit un concept, et pas une vaste blague : passons.)

Ensuite parce qu'un modèle condamne la pluralité et les singularités qui distinguent les individus entre eux. Un seul modèle = une seule perfection = un seul individu.

Et qu'après, ça devient chiant.

Alors, tous avec moi : vive la médiocrité !